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1- Phénotypes masculins et féminins, rappels.

A retenir:

Les phénotypes masculin et féminin se distinguent par des différences anatomiques et fonctionnelles.

 

2- La différenciation sexuelle

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penis et clitoris

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A retenir:

La mise en place des structures et de la fonctionnalité́ des appareils sexuels se réalise,

sous le contrôle du patrimoine génétique,

sur une longue période qui va de la fécondation à la puberté́,

en passant par le développement embryonnaire et fœtal.

 

Qu'est-ce qui déclenche la puberté?

3- La puberté

 A la puberté l'appareil reproducteur devient fonctionnel.

Par l'analyse des documents, présentez les mécanismes hormonaux de mise en place du phénotype sexuel masculin mature à la puberté et proposez une hypothèse expliquant son déclenchement.

Document 1 : Evolution de la concentration plasmatique de testostérone avec l'âge chez l'homme

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D'après Thibault et Levasseur

Document 2 : Résultat d'expériences

Des tubes séminifères issus de testicules de porcs adultes sont mis en culture dans un milieu nutritif contenant ou non de la LH, une hormone produite par l’hypophyse, une glande du cerveau.

Après 20 jours on évalue le nombre de cellules de Leydig (= cellules des testicules) et la concentration de testostérone dans le milieu de culture.

 

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=> A la fin de l’enfance, les garçons se remettent à produire de la testostérone qui va entrainer le développement de la pilosité, de la musculature ; les premières éjaculations apparaissent avec un sperme prêt pour la procréation.

De même, à la fin de l’enfance, les filles produisent une hormone typiquement féminine, l’œstrogène qui entraine le développement des seins, l’apparition des premières règles mais surtout la production mensuelle d’un ovule.

Pour les deux sexes, c’est le cerveau qui décide du moment où l’activité sexuelle démarre : une petite glande appelée Hypophyse se met soudainement à fonctionner. L’hormone produite, la LH, contrôlera alors la synthèse de testostérone ou d’œstrogène.

A retenir:

La puberté́ est la dernière étape de la mise en place des caractères sexuels.

Le cerveau est responsable du réveil pubertaire.

 

DNA du 25 avril 2019

« Papa, comme t’es belle ! »

PDG d’une usine de 420 personnes au Vietnam, Céline Audebeau raconte dans un livre sa trajectoire singulière. Né Christophe à Neuf-Brisach, il lui a fallu 53 ans pour arriver à décider de se faire opérer. La renaissance a eu lieu en 2017 à Bangkok.

Céline Audebeau, auteure du livre « Du masculin au féminin, mon parcours singulier » et PDG d’une usine à Hanoï, de passage à Colmar ce week-end de Pâques. photo L’Alsace – Jean-Marc Loos
Céline Audebeau, auteure du livre « Du masculin au féminin, mon parcours singulier » et PDG d’une usine à Hanoï, de passage à Colmar ce week-end de Pâques. photo L’Alsace – Jean-Marc Loos
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Céline Audebeau, auteure du livre « Du masculin au féminin, mon parcours singulier » et PDG d’une usine à Hanoï, de passage à Colmar ce week-end de Pâques. photo L’Alsace – Jean-Marc Loos Céline Audebeau, au centre, lors d’une fête avec le personnel de son usine à Hanoï au Vietnam. document remis Céline, du temps où elle était Christophe. Doc remis

Guebwiller-Shanghai. Christophe Audebeau, natif de Neuf-Brisach, a été envoyé à Shanghai par son employeur Sevylor, à Guebwiller, pour diriger une usine de produits gonflables

« Mes moments d’oxygène ». Heureux, Christophe l’était peut-être, mais pas totalement. Car ce qu’il taisait à l’époque, c’est que depuis l’âge de 5-6 ans, il ressentait un besoin irrépressible de « vivre en femme ». Des « moments d’oxygène » qu’il ne s’autorisait qu’en cachette.

Longtemps avant, il avait parlé de ce qu’il appelle encore son « problème » à sa première compagne Annie. Elle « tolérait » cette situation, à savoir se confronter, dans l’intimité de leur résidence colmarienne, à son mari habillé en femme, mais « sans l’accepter réellement ». Le couple a donné naissance à une fille, qui a aujourd’hui 28 ans, à laquelle rien n’a alors été dit.

Passé colmarien. Colmar, Christophe y a fait ses études, y a été surveillant au lycée technique et au collège Pfeffel. Après son déménagement à Guebwiller pour prendre un emploi chez Telmat à Soultz, il y est revenu pour enseigner la sécurité des transactions à l’IUT. La vie a coulé jusqu’à ce que sa double identité devienne inacceptable pour Annie. « On s’est séparés au bout de douze ans. »

« Mieux valait mourir puisque je n’ai pas pu vivre omme je voulais »

La lourdeur du secret. Quand il rencontre sa future épouse, Jeannette, en 1996, Christophe lui parle dès leur premier rendez-vous. « Cela ne lui posait aucun problème, elle m’a accepté et ne m’a jamais repoussé. » Tout se passe à peu près bien, sauf qu’il veille toujours à ce que personne, excepté Jeannette, ne le voit en femme. Une vie secrète qui peu à peu lui pèse. Tout se complique quand le couple part vivre à Shanghai. « Jeannette souffrait d’être éloignée de sa famille en Alsace. Elle y allait de plus en plus souvent. C’était de plus en plus dur pour moi de vivre ça caché en permanence et en imaginant ne jamais pouvoir le faire au grand jour. »

La vague. En 2008 déferle ce qu’il appelle « la vague ». Suite à un problème de thyroïde, il rentre se faire opérer à Colmar, à l’hôpital Pasteur. « Le lendemain soir, je fais une hémorragie et un arrêt respiratoire. Je me souviens encore de cette dernière respiration. J’étais calme. Mieux valait mourir puisque je n’avais jamais pu vivre comme je voulais. On m’a dit que j’étais mort au bloc, mais ils m’ont réanimé. Je me suis dit que démarrait ma seconde vie. »

Imposer ça aux autres… - Christophe commence à réfléchir. Sans encore penser à sa transition. « Je pensais aux autres, avouer ça aux parents, à tout le monde, leur imposer ça… Ce n’était pas envisageable. J’espérais simplement pouvoir le vivre quelque part par intermittence. »

Le pas n’est pas assez grand. Christophe, qui vit depuis 2011 à Hanoï au Vietnam, perd pied, boit, s’empâte, déprime, souffre dans son corps. « Le 1er  avril 2015, on m’a diagnostiqué un diabète. J’ai stoppé tout et me suis mis à un régime alimentaire vietnamien. »

« Pour les hormones, on fait ses courses ». Il commence un traitement hormonal tout seul. « Au Vietnam, c’est la débrouille. On va à la pharmacie et on fait ses courses. Je prenais deux médicaments : un qui bloque les hormones masculines et un qui développe les hormones féminines. » Simple.

Je n’ai eu que des encouragements »

La voix pour être « crédible ». Il s’entoure quand même de son généraliste, d’une psychologue et d’une orthophoniste : « Je ne m’imaginais pas avoir un physique qui passe à peu près, tout en gardant ma voix de camionneur ! La voix, c’est très important pour être crédible, en tout cas passable. » Cet autotraitement dure deux ans. Et fonctionne. « Les seins se développent, les graisses se déplacent, les poils tombent, la peau s’affine, le caractère change. Mais c’est aussi une totale impuissance et une absence de libido, ce qui posait un gros problème avec mon épouse. »

Plus un homme, pas encore une femme. En 2017, Christophe et Jeannette reçoivent des amis mulhousiens. La femme, pharmacienne, se rend compte de qui se passe. « C’était la première fois que je pouvais en discuter avec une tierce personne. Elle m’a dit que je ne pouvais pas continuer comme ça. J’étais dans un état intermédiaire, plus un homme, pas encore une femme. » La décision de l’opération est prise. Christophe la programme dans un délai de cinq ans. « Je ne voulais pas prendre mes employeurs en défaut. »

Briser le secret. Sauf que lesdits patrons, informés du projet, réagissent avec « compréhension et bienveillance », tout comme le personnel de l’usine que dirige l’Alsacien. Pour eux, il n’y a pas de souci. « Je me suis dit que j’étais stupide de vouloir attendre. » Les choses s’accélèrent. Christophe doit en parler à sa famille. « Mes parents, mes sœurs, ma fille ne savaient absolument rien. » Bien sûr, il a très peur. « Ça s’est super bien passé. Ma mère m’a dit que je resterais leur enfant. Cela a été des moments très forts, et un grand soulagement. Pareil avec les amis. Jusqu’à aujourd’hui je n’ai jamais eu la moindre remarque négative, au contraire, seulement des encouragements. »

Je suis entré en tant qu’homme et je suis sortie cinq jours plus tard en tant que femme »

Renaissance à Bangkok. Rendez-vous est pris dans une clinique de Bangkok en juin 2017. « Jeannette est venue avec moi, mais est repartie le lendemain. C’était trop pour elle. » Le couple se sépare. La vaginoplastie a lieu. « Ça a été réglé en cinq jours. Je suis entré en tant qu’homme et ressortie en tant que femme avec le visage féminisé, la vaginoplastie, un clitoris. C’est impressionnant ! » Mais désormais, il allait falloir « assumer et vivre en tant que femme à 100 % ».

À l’usine en talons. Après quinze jours de convalescence, Céline Audebeau doit reprendre le chemin du travail. « C’était le moment que je craignais le plus. Je suis la directrice générale de l’usine… Est-ce que j’allais garder la même autorité ? Traverser l’atelier avec une jupe et des talons, c’était énormément de stress. Mais ils m’avaient préparé une fête magistrale ! Bon, je ne suis pas naïve, c’est plus facile quand vous êtes le boss. Mais ici, on est plus ouvert sur ces questions qu’en France. » Dans son travail, les choses se passent mieux qu’avant, « car moi je suis beaucoup mieux, je n’ai plus cette rage intérieure. Et les gens sont admiratifs de mon courage. J’ai beaucoup plus de respect. »

Toujours père. Céline Audebeau revient en France un mois plus tard. « Mes parents me découvrent pour la première fois. C’est très éprouvant, mais ça se passe très bien. Ma fille pareil. En m’ouvrant la porte, elle m’a dit “Papa comme t’es belle !” Je lui ai dit que je restais son père. »

Hugues Aufray. Restaient à faire les changements administratifs. « Pour le prénom, ça a été très rapide, en trois jours. » Ce sera Céline, qu’elle avait choisi dès ses 12 ans à cause de la chanson d’Hugues Aufray.

Du M au F. « Pour changer le M en F sur le passeport, c’est plus compliqué. » Céline passe au tribunal de grande instance de Colmar, face à trois juges. Les magistrats lui donnent du « Monsieur »… «J’ai expliqué que justement je faisais ça pour qu’on ne m’appelle plus ainsi ! J’ai obtenu l’autorisation le soir même », fait très rare selon son avocate. Céline doit aussi régulariser sa situation au Vietnam. « Ils ont accepté. Du coup, j’ai été la première personne au Vietnam à changer officiellement de genre. »

Les surprises du désir. Après lui avoir permis d’être qui elle est, la science lui a réservé une autre surprise. « Cette opération, je l’ai faite pour être une femme, sans jamais penser que “ça” servirait… Mais moi qui n’avais jamais été attirée par les hommes, je me suis rendu compte que mon désir avait changé… » Aujourd’hui, Céline Audebeau se dit « la plus heureuse des femmes ».

 

Animation incroyable de changement de sexe en 3D

 

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